Rencontre avec Alice Meunier, chercheuse à l’Institut de biologie de l’ENS (IBENS)

Alice Meunier, chercheuse CNRS, travaille à l’Institut de biologie de l’ENS (IBENS) à Paris. Son projet de recherche porte sur un petit organite, le centrosome, nécessaire à la formation des cils des cellules. Invitée aux rencontres Etonnant Vivant, elle a présenté ses derniers résultats en compagnie de deux de ses collaborateurs, Olivier Mercey et Adel Al Jord, tous deux post-doctorants.

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Alice Meunier accompagnée d'Olivier Mercey et d'Adel Al Jord, deux post-doctorants.
© CNRS Sarah Granet
 

 

« Mon parcours scientifique »

Je ne sais pas pourquoi je suis devenue chercheuse. Je pense que l’origine est la rencontre, dans mon enfance, de mystères que je n’ai pas réussi à percer ! La roue du doute tourne donc toujours… Ce n’est pas tellement la découverte finale qui me motive mais plus la phase d’approche. Observer pour rassembler des évidences. Voir ce que personne n’a vu. Je suis fascinée par ces chercheurs qui ont remué l’océan pour voir pour la première fois un calamar géant dans son habitat naturel ! C’est probablement cette avide curiosité qui m’a poussée vers l’université puis vers ce métier.

 « Mes recherches » 

La plupart des cellules de notre corps possèdent un centrosome formé de deux centrioles. La présence de centrioles surnuméraires perturbe la division et la migration des cellules. Les cellules multiciliées qui possèdent une centaine de centrioles servant de base à la nucléation de cils motiles, font exception. Ces cellules sont essentielles à la propulsion des fluides physiologiques dans notre cerveau, nos poumons et notre système reproducteur. Nous cherchons à comprendre comment ces cellules multiciliées échappent aux programmes de contrôle du nombre de centrioles pour amplifier massivement ces organelles au cours de leur différenciation. Nous avons montré que, loin de mettre en œuvre un programme développemental exceptionnel, elles réutilisent les acteurs de la duplication des centrioles et de la division cellulaire pour réaliser leur différenciation. Nous cherchons maintenant à caractériser les acteurs de ce détournement cellulaire. Ces derniers pourraient permettre de comprendre pourquoi certaines cellules cancéreuses ont un nombre accru de centrioles et d’identifier les mécanismes à l’origine de certaines ciliopathies.

 « Ce que j’aime dans mon métier » 

L’alternance entre un travail manuel et intellectuel, intuitif et rigoureux, artisanal et à la pointe, en contact avec des étudiants « naïfs » et des experts intimidants.

 

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Figure : Une fois les centrioles massivement amplifiés dans les cellules multiciliées en cours de différenciation, ces derniers opèrent une dernière danse autour du noyau avant de migrer à la membrane plasmique pour nucléer la touffe de cils motiles.

© Alice Meunier
 

 

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